mercredi 4 juillet 2012

S comme Sergents du 120e BCP


- Le 8 juillet 1917, les Allemands mènent une attaque très brutale dans le secteur du Panthéon. Face à eux le 120e Bataillon de Chasseurs à pied (129e DI), qui y est présent depuis le 14 juin ; les Français contrôlent les points hauts du plateau, ce que ne peut accepter l’état-major adverse.

Carte postérieure (23 octobre 1917), à but de repérage - source SHD


- Un bombardement bref débute en pleine nuit, à 3h20. Cinq minutes plus tard, trois colonnes allemandes progressent dans les boyaux français : Epaulette, Arbalète et Panthéon. Elles parviennent à 50 mètres au sud du Chemin des Dames ; les tranchées de la Mèche et Moussard sont atteintes.
- Progressivement la réaction du 120e BCP s’organise autour des groupes présents dans les organisations défensives françaises, certains à la grenade, d’autres tirant par-dessus la tête de leurs camarades situés dans la tranchée devant eux « sur des vagues ennemies qui à ce moment-là apparaissent à découvert sur tout le front du Panthéon et dont la marche en avant se trouve gênée par notre réseau de fil de fer incomplètement détruit. […] Le combat dure environ ¼ d’heure et est mené avec beaucoup d’acharnement de part et d’autre : de fréquents corps à corps ont lieu. »
- Les tranchées Moussard et de la Mèche sont complètement reconquises, ce qui oblige les assaillants à se replier sur leurs positions de départ. Vers 6 heures les combats sont terminés ; le 120e BCP profite des heures suivantes pour renforcer ses défenses et soigner ses blessés, tandis que les Allemands tentent d’autres coups de main, vite avortés à cause de l’artillerie française.


- Au total, l’unité perd 138 hommes, tandis que 90 cadavres allemands sont récupérés dans les lignes récupérées.
- Parmi les 22 tués du 120e BCP en ce 8 juillet 1917, on trouve notamment les quatre sergents Victor Baudon, Gaston Gabourel, André Morand et Félix Jacquinot. Après la guerre, la famille de ce dernier fait élever un monument en son honneur et en celle de ses camarades dans le cimetière militaire de Vailly-sur-Aisne



- Un autre sergent, Delabarre (3e compagnie), connaît une mésaventure qui se termine bien au cours de la journée. « Ce sous-officier, emmené au petit jour à découvert vers la tranchée du Casse-Tête, s’est replié vers la droite, à cause de notre propre tir de barrage, et s’est réfugié avec ses huit hommes dans un abri de mitrailleuses allemandes dans le prolongement du boyau de l’Epaulette. A 13h30, il a vu un obus éclater à quelques mètres de son abri et anéantir un peloton ennemi qui s’avançait en colonne par un vers le Chemin des Dames. Dans la suite, […] le sergent Delabarrre, mal gardé, a réussi à s’échapper en bousculant ses gardiens après la dernière attaque de 21h50 et à rentrer dans nos lignes avec ses 8 hommes. »









Source : JMO du 120e BCP  (SHD)

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