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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

jeudi 30 janvier 2014

M comme Moulin-Gilot

- Ferme-moulin située entre Verneuil et Vendresse, au débouché du vallon de Beaulne-Chivy, sur le ruisseau Tordoir (on écrit Gilot ou Gillot).

- Après stabilisation du front, à l’automne 1914, le Moulin-Gilot se trouve à proximité immédiate de la ligne de front, qui passe dans le vallon de Chivy. Il y reste pendant trois ans, jouant donc un rôle essentiel car seul lieu construit entre les deux villages cités plus haut.

- Le 21 février 1916, la compagnie 18/3 du 2e régiment du Génie se voit confier l’aménagement du Moulin-Gilot, avec entre autres : « Renforcement de la cave. Pare-éclat devant la porte de la cour intérieure. Banquette de tir derrière le mur N du petit bâtiment » (4e section pendant quatre jours). « Organisation des murs des bâtiments [puis] construction de barricades (travail de jour et de nuit) » (1ère section pendant 10 jours environ). La 3e section enchaîne, et ainsi de suite, avec alternance entre travaux sur les murs et dans la cave ; on construit un boyau de sortie à l’est de celle-ci, ainsi qu’un abri de mitrailleuse dans cette même direction, puis un boyau vers le tunnel sous la route de Verneuil, à l’ouest.
- Les travaux s’achèvent le 24 mars. 

Source: SHD



- La ferme sert de base de départ à toutes les ofgfensives françaises dans le secteur, surtout bien sûr le 16 avril 1917 : le capitaine Dordain, du 37e RI, y attend toute la journée de pouvoir exploiter le succès des troupes d’assaut, qui ne viendra jamais …


- Après la guerre, le Moulin Gilot est totalement anéanti. On rebâtit la ferme, à quelques mètres plus au nord, un peu plus en hauteur aussi ; des bâtiments sont aussi réétablis à l’ancien emplacement.


mercredi 22 janvier 2014

H comme Hutson (George)


George Hutson en 3e position derrière Kolehmainen et Jean Bouin en 1912

- Athlète britannique
- Lewes 1889 – Vendresse 1914

- Reconnu comme étant un des coureurs de fond les plus prometteurs de sa génération George Hutson participe aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, où il obtient les médailles de bronze : 3 000 mètres par équipes et 5 000 mètres individuel (derrière le finlandais Kolehmainen et le français Jean Bouin).


- En août 1914, Hutson est mobilisé comme sergent au Royal Sussex Regiment. Le 14 septembre, l’unité est fortement engagée autour de Vendresse, les Britanniques buttant sur les hauteurs du Chemin des Dames, en particulier autour de la sucrerie de Cerny.
- George Hutson est tué, sans que l’on connaisse les circonstances précises de son décès ; son corps n’est pas retrouvé et l’athlète n’a pas de sépulture connue (son nom figure sur le mémorial de La Ferté-sous-Jouarre).
- La journée est en effet particulièrement meurtrière pour le Royal Sussex Regiment : 16 tués, parmi lesquels 5 officiers, 82 blessés et 114 disparus. Plusieurs pertes ont lieu lors de moments confus, où des Allemands se rendent (ou font mine de se rendre) et sont visés par leurs propres camarades puis, en réponse, par les Britanniques. Le régiment est décapité, notamment à cause des décès du lieutenant-colonel Ernest Montresor, commandant l’unité (dont le corps n’est pas retrouvé non plus) et du lieutenant Herbert Pelham, Chevalier de la Légion d’Honneur pour son action à Mons (enterré une première fois par les Allemands, il repose aujourd’hui à Vendresse).


- A noter que Jean Bouin (163e RI) meurt quelques jours après George Hutson, le 29 septembre à Xivray (Meuse). Non concerné par la guerre, Hannes Kolehmainen poursuit son brillant parcours après guerre, remportant notamment le marathon aux JO d’Anvers en 1920.




Sources et références :
Jerry Murland, Battle on the Aisne 1914


mercredi 15 janvier 2014

C comme Château de Verneuil




(Coll JF Viel)


- A Verneuil, près du canal de l’Aisne à l’Oise, se trouve en 1914 un immense château du XIXe siècle, propriété du maire, Ludovic Rillart de Verneuil.
- Dès le 14 septembre, il est aménagé par les Britanniques pour servir d’hôpital (5/Field Ambulance) ; le premier jour, 177 Britanniques et 54 Allemands sont soignés. Très proche des lignes allemandes, le château est fréquemment bombardé et constitue un lieu très peu sûr, pour les blessés comme pour le personnel ; l’hôpital est donc transféré vers Vieil-Arcy le 20. Entre temps, le château est en grande partie détruit par les obus, notamment par un tir direct qui le touche le 18 : « Il traversa le château, hurla à travers la salle d’opération et tomba à travers le miroir qui pendait au-dessus de la cheminée du salon. Les infirmiers s’activaient toujours. Les instruments furent enlevés avec précaution du stérilisateur. L’anesthésiste jeta un coup d’œil au miroir et prit un peu de chloroforme. Il souleva la paupière du patient inconscient, grogna sa satisfaction et se pencha à nouveau pour écouter sa respiration. Le chirurgien n’avait pas encore lever la tête. Ses doigts étaient occupés autour de la blessure, une main saisit un scalpel … finalement, pendant que le patient était emporté il se tourna et examina le miroir. “Cassé, n’est-ce pas ?”, observa-t-il ; “signe de malheur pour les Allemands !” » (Major Brereton – source Jerry Murland – Battle on the Aisne 1914 ; traduction personnelle)


- Ludovic Rillart de Verneuil est très gravement blessé par un obus dans le parc de son château, le 16, alors que depuis deux jours il s’active pour aider les blessés et faire enterrer les cadavres de chevaux. Il décède le lendemain, à l’âge de 44 ans.
- L’Etat lui attribue le titre honorifique de « Mort pour la France » et le grade de Chevalier de la Légion d’honneur : « Monsieur RILLART de VERNEUIL, maire de Verneuil-Courtonne (Aisne) pour remplir les fonctions municipales dont il était investi et pour secourir les soldats de la Nation alliée anglaise, n'a pas hésité à s'exposer avec le plus grand courage aux coups de l'ennemi, blessé par un éclat d'obus le 16 septembre 1914, est décédé le lendemain. »
Le Figaro - 10/10/1914






- Lorsqu’ils quittent le secteur en octobre, remplacés par les Français, les Britanniques laissent derrière eux 46 tombes dans le cimetière provisoire proche du château, transférées après guerre dans leur nécropole de Vendresse.


http://collections.conceptbb.com/t2194-chateau-de-verneuil-cimetiere-dans-le-parc
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vendredi 3 janvier 2014

A comme Abbadie (Louis)



- Soldat français
- Paris 1884 – Vauxbuin 1914

- « Le 24 décembre [114] le soldat Abbadie du 246e régiment d’infanterie condamné à la peine de mort est fusillé à Vauxbuin à 7h30. La gendarmerie a assuré le maintien de l’ordre. Le soldat Abaddie n’a pas voulu qu’on lui bande les yeux, il a refusé de se mettre à genoux et est mort très courageusement. » (JMO Prévôté de la 55e DI)

- Mobilisé au 246e RI (24e compagnie du 6e bataillon), Louis Abbadie combat à Soissons et dans ses environs à partir du 12 septembre 1914, lorsque s’achève le repli allemand consécutif à la bataille de la Marne.
- Le 8 novembre, le régiment est mis en alerte en vue d’une éventuelle opération sur les hauteurs de Crouy. Le 9, il poursuite les travaux de retranchement dans les périphéries nord de Soissons avant d’être envoyé relever le 289e RI. « Opérations sans incidents », mais c’est alors que Louis Abbadie disparaît de sa compagnie.
- Pris en flagrant délit de vol de sucre deux jours plus tard, il parvient à s’échapper avant d’être finalement rattrapé le 15, à l’infirmerie de la ville. Dans sa défense contre le vol, il reconnaît l’abandon de poste et se retrouve déféré devant le Conseil de guerre (30 novembre), qui le condamne à mort.


- Bien que fusillé, même si son nom n’est pas inscrit sur le monument aux morts de sa commune, Louis Abbadie figure dans le fichier des « Morts pour la France » ; sa sépulture se trouve dans la nécropole de Vauxbuin.





Sources :
Frédéric Mathieu, 14-18, les fusillés (page 101)
JMO des différentes unités citées (SHD)