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Mon activité est moindre ici en ce moment car je consacre beaucoup de temps au blog "frère" qui raconte semaine après semaine (et jour par jour en ce moment) les événements au Chemin des Dames il y a 100 ans.


http://cdd100ans.blogspot.fr/


Cordialement
Gil Alcaix

lundi 30 mars 2009

R comme Ravin sans nom



- Lieu-dit situé entre Craonne et Craonnelle

- Le « ravin sans nom » est le no man’s land que doivent franchir les troupes françaises (notamment les 1er et 201e RI) qui attaquent vers la tranchée du Balcon et le plateau de Californie au petit matin du 16 avril 1917.

- L’offensive y est rapidement bloquée : à la nature du terrain et à la météo s’ajoute l’action des mitrailleuses et de l’artillerie allemandes.
- Dans le creux du ravin se trouve les ruines de la « maison sans nom ». Une fois la tranchée du Balcon atteinte, les murs de celle-ci servent de poste de secours : l’abbé Liénart et le pasteur Nick y soignent et y réconfortent du mieux possible les nombreux blessés en attente d’évacuation.

- Pendant plusieurs semaines, le « ravin sans nom » reste une zone parcourue par soldats et blessés, jonchée de cadavres que l’on tente d’identifier voire d’inhumer, bombardée sans cesse. Avec la prise du plateau de Californie, à l’été, les combats s’éloignent un peu, sans s’arrêter totalement cependant.


- D’abord classé en zone rouge, le secteur est ensuite rendu progressivement et partiellement aux agriculteurs. La « maison sans nom », anéantie, n’est pas reconstruite après 1918.



- « Comme elle n’a pas de nom sur la carte, on l’appelle “ la maison sans nom”. Un petit ruisseau coule devant elle. Quand nous le franchissons, le barrage allemand se déclenche, très violent, devant nos tranchées de départ, c’est-à-dire heureusement trop tard, et derrière nous.
Mais soudain les mitrailleuses entrent en action, et croisant leurs feux, des hauteurs qui nous dominent, criblent de balles nos soldats. A la tranchée du Balcon, on voit la ligne des tireurs allemands, debout, qui fusille de haut en bas nos éléments les plus avancés. Comment gravir dans ces conditions, la falaise qui se dresse devant nous ? »

Achille Liénart, Journal de guerre 1914-1918

vendredi 27 mars 2009

B comme Bohéry


- Ferme, bois et carrières proches de la Malmaison

- En septembre 1914, les Allemands parviennent à se maintenir sur les hauteurs de Bohéry et à repousser la contre-offensive alliée. Ils s’y maintiennent pendant plus de 3 ans.

- Après le repli consécutif à l’offensive Nivelle, la zone de Bohéry accueille la première ligne allemande ; les carrières (près de 800 mètres de long sur 300 mètres de profondeur environ) sont fortifiées et aménagées dans un but défensif, au sommet de la pente qui mène au ravin de Jouy.
- Dès cette date, la ferme est totalement anéantie (elle n’apparaît plus sur les cartes des JMO).

- Le 23 octobre 1917, dès le début de la bataille de La Malmaison, les carrières sont dépassées (notamment avec l’aide des chars) puis prises dans l’après-midi par le Régiment d’infanterie coloniale du Maroc, dirigé par le colonel Debailleul.


- Après guerre, la ferme de Bohéry est reconstruite.




- En 1934, à l’initiative de l’Association des anciens combattants du régiment d’infanterie coloniale, un monument est érigé sur les bords du Chemin des Dames en hommage au bataillon marocain, sculpté par Roland Rombaux.

mercredi 25 mars 2009

R comme Rhullier (Eugène)

- Ecrivain français
- Sailland (Drôme) 1881 – Cuiry-les-Chaudardes 1917

- Avant 1914, il vit en Haute-Garonne
- En 1917, Eugène Rhullier est capitaine au 3e Régiment d’Artillerie coloniale.
- Il meurt le 6 août 1917 près de Cuiry-les-Chaudardes, à la ferme de La Fontaine du Viviers, lors d’un bombardement ennemi sur sa position.

dimanche 22 mars 2009

C comme Condé (fort de)


- Fort dominant l’Aisne, au-dessus de Condé

- Le fort est construit après la défaite contre la Prusse, dans le cadre de la fortification des nouvelles frontières de la France (il appartient à la deuxième ligne de défense de Paris). La majeure partie du chantier est achevée en 1883 et le fort reçoit ses premiers occupants (500 hommes du 67e RI) en 1885.
- Devenu inutile à cause de l’évolution de l’artillerie, le fort de Condé est déclassé en 1912.

- Les Allemands entrent dans le fort (sans combats) le 1er septembre 1914. Lors de la contre-offensive consécutive à la victoire de la Marne, les Alliés s’en emparent mais ne parviennent pas à le garder.
- Les Allemands l’utilisent comme base pour leur artillerie et comme poste de surveillance de la vallée (un immense phare y est installé).

- Les troupes françaises prennent le fort évacué par les Allemands le 17 avril 1917.

- A nouveau théâtre de (brefs) combats en 1918, le fort est en grande partie ruiné ; il est désarmé en 1927.

- D’abord centre de désobusage, il devient ensuite carrière pour les habitants de la région avant d’être racheté par la commune de Chivres-Val. Mis en valeur, il est ouvert au public depuis 2003.


Le site du fort




Vue vers le Chemin des Dames (Nanteuil) depuis le fort

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jeudi 19 mars 2009

C comme Cuiry-les-Chaudardes



- Village proche de Beaurieux, dans un méandre de l’Aisne (rive droite)
- 40 habitants

- Les 90 habitants de Cuiry-les-Chaudardes se retrouvent à proximité du front, côté français, après la contre-offensive alliée qui chassent les Allemands en septembre 1914.

- Le village est un point de départ pour l’offensive Nivelle, concentrant d’importantes forces d’artillerie. Il est aussi intensément bombardé.
- C’est à Cuiry que les chars d’assaut se regroupent avant puis après l’attaque vers Juvincourt.

- De nouveaux combats ont lieu dans le secteur en 1918, accentuant les dommages matériels.


- Il faut donc reconstruire Cuiry, notamment son église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, classée aux Monuments historiques en 1922. La population est en baisse après le conflit (70 habitants au recensement de 1921).

mardi 17 mars 2009

P comme Ployart-et-Vaurseine

- Hameau proche du château de la Bove et de la D 1044
- 20 habitants

- En 1914, Ployart-et-Vaurseine est une commune éclatée d’une centaine d’habitants, qui comprend les hameaux de Ployart, Vaurseine et le moulin qui porte le nom de ce dernier.

- Les Allemands s’emparent de toute la zone en septembre 1914 et, après l’échec français, en font une base pour leur artillerie. Celle-ci est très efficace au moment de l’offensive Nivelle, lorsqu’il s’agit de bombarder Hurtebise ou Craonne.
- Ployart n’est libéré par les troupes italiennes que le 13 octobre 1918.

- Le village a beaucoup souffert des bombardements : les destructions sont nombreuses, l’église Saint-Pierre-aux-Liens et la tour fortifiée (toutes deux classés aux Monuments historiques dans les années 1920) sont fortement endommagées.
- Il n’y a plus que 47 habitants recensés en 1921, chiffre qui ne remonte guère dans les années suivantes (l’exode rural accentuant les effets de la guerre).

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lundi 16 mars 2009

J comme Juvincourt-et-Damary

- Village situé entre l’A26 et la D 1044 et entre Berry-au-Bac et Corbeny, de part et d’autre de la Miette
- 380 habitants

- Juvincourt compte environ 570 habitants en 1914, lorsque la zone est occupée par les Allemands. Ceux-ci la fortifient et réquisitionnent les ressources disponibles.
- Le village se trouve à proximité de la ligne de front et subit des bombardements intenses.

- Juvincourt est l’un des premiers objectifs de l’offensive des chars qui attaquent vers Berry-au-Bac, le 16 avril 1917. Si cette attaque échoue, si l’offensive s’enlise (certains soldats de la 9e DI parviennent cependant à la 2e ligne allemande, aux abords des habitations), le front se rapproche encore du village début mai.

- Entièrement détruit, Juvincourt est adopté par le Cantal et reconstruit dans le cadre d’une coopérative, parfois difficilement (l’église Saint-Rémi et Sainte-Preuve n’est achevée qu’en 1933). La ferme Damary, située quelques hectomètres plus au Nord, est aussi reconstruite.
- La chute de population est très nette à Juvincourt : il n’y a encore que 300 personnes recensées en 1921 (près de 500 à la fin des années 30).


- A proximité du village se trouve aujourd’hui un centre d’essai automobile.


Base Mérimée
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vendredi 13 mars 2009

H comme Hanotaux (Gabriel)

- Historien et homme politique français
- Beaurevoir (Aisne) 1853 – Paris 1944

- Diplômé de l’Ecole des Chartes, enseignant, Gabriel Hanotaux commence une carrière politique. Il est député de l’Aisne en 1886, directeur de cabinet de Jules Ferry puis ministres des Affaires étrangères en 1894 et 1896. La diplomatie est en effet son domaine de prédilection et son activité est importante : politique africaine, rapprochement avec la Russie, contacts avec les Etats-Unis, refus de l’esprit de Revanche.

- En parallèle, il poursuit ses recherches et ses publications, qui lui valent d’être élu à l’Académie française en 1897 : biographie de Richelieu, Histoire de la France contemporaine, etc.

- En 1906, très attaché à l’Aisne, il achète une superbe demeure (un ancien vendangeoir du XVIIIe siècle) à Pargnan.
- Lorsque la guerre fait ses premières destructions dans la région, il écrit Les villes martyres. Les falaises de l’Aisne (1915) puis L’Aisne pendant la Grande guerre ainsi qu’un guide des Circuits des champs de bataille de France, histoire et itinéraires de la Grande guerre (1919).

- Après 1918, il participe à la mise en place de la Société des Nations tout en continuant d’écrire sur la guerre (mais aussi sur la colonisation en Afrique).

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mercredi 11 mars 2009

L comme Lattre de Tassigny (Jean de)

- Militaire français
- 1889 Mouileron-en-Pareds (Vendée) – Paris 1952

- Sorti de Saint-Cyr en 1911, Jean de Lattre de Tassigny choisit la cavalerie et obtient sa première citation dès 1914 après 2 blessures, puis la Légion d’Honneur.

- Avec le 93e RI, le futur maréchal participe dans l’infanterie à la « poursuite » de l’armée allemande lors de l’opération Albérich puis à l’offensive Nivelle début mai 1917 dans le secteur de Cerny (attaque contre la sucrerie) / Troyon (il est à cette date capitaine).
- Après un intermède près de Saint-Quentin, il revient en septembre près d’Ostel et prend part à l’offensive d’octobre dans le secteur des fermes d’Hameret et du Panthéon.

- Plusieurs fois décoré, ses qualités le font remarquer : Jean de Lattre de Tassigny entre à l’état-major de sa division fin 1917. C’est le début de sa brillante carrière …

samedi 7 mars 2009

C comme Celles-sur-Aisne



- Village des bords de l’Aisne (rive droite), près du fort de Condé
- 210 habitants

- Le recensement de 1911 comptabilise 238 habitants à Celles-sur-Aisne.
- Le village est en possession des Allemands de septembre 1914 à avril 1917.
- Il est pris par les Français dans les premières heures de l’offensive Nivelle, l’objectif immédiat étant le fort de Condé, sans résistance acharnée des Allemands qui se replient sur les hauteurs.



- La population a énormément chuté quand se termine la guerre ; seules 150 personnes vivent dans un village encore en ruines, en 1921 (Celles retrouve sa population antérieure dans les années 1930).

jeudi 5 mars 2009

T comme Toty


- Ferme aujourd’hui disparue

- En 1914, la ferme Toty est située entre Aizy-Jouy, La Malmaison et les Vauxrains. Elle est aux mains des Allemands à partir de début septembre, qui résistent à la contre-offensive française.

- En avril 1917, le front s’en rapproche considérablement avec l’attaque française, qui parvient à Aizy-Jouy ; il ne reste plus rien, alors, de la ferme Toty.
- Sa prise est bien plus facile que prévue : le 24 mai, deux officiers des 49e et 69e BCP chargés de sa conquête y mènent une reconnaissance. Ils constatent que les Allemands ne la fréquentent que par intermittence ; c’est ainsi que les soldats français peuvent la nuit suivante organiser un réseau de tranchées intégrant les ruines des bâtiments. (source : R.G. Nobécourt, op. cit., pages 259/260)

- Entièrement détruite, la ferme Toty n’est pas reconstruite.

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mercredi 4 mars 2009

R comme Roucy

- Village de la rive gauche de l’Aisne, proche de Pontavert
- 340 habitants

- En 1914, Roucy est depuis peu le point de départ de la ligne du Chemin de fer de la Banlieue de Reims qui va vers Corbeny et relie les habitants du Chemin des Dames à la ligne Reims-Rethel. Sur les hauteurs se trouve le château féodal des comtes de Roucy, reconstruit en partie au XIXe siècle.

- Français pendant tout le conflit (sauf quelques jours en septembre 1914 et quelques semaines à l’été 1918), Roucy souffre beaucoup de la proximité du front et des bombardements allemands de 1917 puis de la contre-offensive alliée de la fin de la guerre.
- Le village et ses creutes sont une base d’observation, de départ (ou de repos) vers le front du Bois-des-Buttes ; ainsi, une mutinerie y éclate en mai 1916, au sein du 96e RI (celui de G. Apollinaire), et 4 soldats y sont fusillés, le 23 (source : Lettre du Chemin des Dames, HS n°1).

- Les destructions sont importantes en 1918 : les maisons et l’église sont reconstruites dans le cadre d’une coopérative, pas le château.
- La population de Roucy passe de 460 à moins de 280 habitants entre les recensements de 1911 et 1921.


- NB : C’est à Roucy qu’Yves Gibeau s’installe en 1979 et finit ses jours.

lundi 2 mars 2009

L comme Lecup (Albert)

- Soldat français
- Bapaume (Pas-de-Calais) 1891 – 19??

- Fils d’ouvrier, Albert Lecup travaille très jeune et progresse rapidement dans l’échelle sociale, devenant clerc de notaire puis comptable, enfin industriel. C’est un militant socialiste et antimilitariste très engagé.

- Mobilisé en 1914, il participe pourtant aux combats de façon jugée très efficace, notamment à Verdun.
- Sergent-major au 8e RI, Albert Lecup combat dans le secteur de Craonne et des bastions de Chevreux le 16 avril 1917.

- Après-guerre, Lecup s’engage dans la vie municipale à Arras (conseiller municipal en 1945), et écrit des livres d’histoire locale.

- En 1974 paraît Avant le dernier cantonnement, ses souvenirs du premier conflit mondial.

Source: CRID et http://michel.pacary.club.fr/l-l.htm